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Immobiliers
Edito
L’immobilier a ceci de commun à la météo : quel que soit le sens du vent, ces sujets ne manquent pas d’alimenter les conversations. A ceci près qu’en matière d’immobilier, au-delà du simple constat, certaines questions se prêtent davantage à la réflexion, voire au débat d’idées. C’est pour cela qu’Entreparticuliers.com ouvre ses colonnes aux experts du secteur – de tous horizons – et à ses lecteurs avisés, avec un double objectif : alimenter des débats autour de différentes thématiques, et permettre à chacun de s’exprimer, de s’informer et de parfaire sa culture immobilière. Deux sujets ouvrent donc le bal. Quelle évolution du marché immobilier peut-on entrevoir à 5 ans ? Vendre ou louer ? Sommes-nous tous faits pour être propriétaires ?
Les questions sont posées… Et en apporteront d'autres. A vous de livrer vos réponses et de réagir aux dires de nos experts !
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Patrick ChappeyFondateur du site Gererseul.com
Patrick Chappey bénéficie d’une expérience de près de 15 ans en gestion de biens. Fondateur de Gererseul.com il a regroupé autour de lui les expériences et expertises communes de nombreux professionnels de l’immobilier, propriétaires, administrateurs de biens, syndic, notaires, juristes…
www.gererseul.com -
Thierry DelesalleNotaire à Paris
Professeur de vente immobilière à l’ICH.
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Patrice HauboisResponsable département Offre aux particuliers du Crédit foncier
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Philippe HonoréConsultant - Taly
Intervenant au Groupe HEC (Mastère Intelligence marketing et formations continues) et responsable des enseignements du marketing au Master banque finance assurance de Paris Ouest Nanterre, il est également consultant. Après 25 ans de carrière bancaire - Caisse des dépôts et consignations, Banques populaires (accompagnement du lancement de la bancassurance, administrateur des compagnies d’assurance du groupe), Crédit immobilier de France (participation à la création de ce réseau HLM et établissement de crédit et conduite de son passage du monopole au marché concurrentiel) Ecofi-Finance (gestion d’actifs financiers) - il crée Taly, société de conseil spécialisée en marketing de la banque et de l’assurance.
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Alain de KaenelAdministrateur de biens à Paris
Membre de la Rics et professeur de techniques de négociations immobilières à l’ICH. Ancien président du CSAB, il est également chargé de cours à Paris X et Paris XIII.
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Florian MasFondateur de Moobz
Entrepreneur du web immobilier, Florian Mas a fondé la société Moobz qui propose un support de vente innovant pour l'immobilier permettant de visiter, meubler et décorer un logement directement sur internet. Co-fondateur et animateur du blog Immobilier 2.0, il s'est spécialisé dans la veille technologique, les pratiques innovantes du secteur et la stratégie web pour l'immobilier.
Blog Immobilier 2.0 : www.immobilier2.0-le-blog.com/
Site : www.florian-mas.com/ -
Jean-François MorineauDirecteur général délégué–transaction ancien BNP Paribas Immobilier
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Michel MouillartProfesseur à l'université Paris X Nanterre
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Hervé ParentConsultant
Consultant spécialiste du marketing de l’immobilier et de l'Internet pour l'immobilier, il dirige la société HP Conseils. Hervé Parent est, en outre, président de la FF2i, Fédération française de l'Internet immobilier.
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Marc PigeonPDG du groupe Roxim, président de la Fédération des promoteurs-constructeurs de France
Nos autres débats
Vaut-il mieux acheter ou rester locataire ?
Louer ou acheter ? La sempiternelle question a été posée mille fois. Eculée, direz-vous ? A lire nos experts, il semblerait que tout n’a pas été dit, loin s’en faut…
C’est entendu, un loyer versé chaque mois à un propriétaire-bailleur semble être le paroxysme du contre-investissement ; pourtant, à y regarder de plus près, acheter sa résidence principale n’apparaît pas toujours comme étant le meilleur placement immobilier que vous puissiez réaliser. Alors comment distinguer le bon grain de l’ivraie ?
Où va l'immobilier ?
La saison est propice aux projections sur les évolutions du marché. Les prix vont-ils baisser ; les taux vont-ils remonter ; quid de la dynamique du marché ? Les questions fusent et les réponses ne sont pas toujours précises.
Certains se risquent au jeu de la prévision jusqu’à la fin de l’année 2010, tandis que d’autres se cantonnent au 1er semestre… Est-il donc impossible de se projeter à plus long terme ? Nous avons invité nos experts à se prononcer sur les perspectives du marché de l’accession à cinq ans. L’exercice, qui relève de la boule de cristal de prime abord, s’avère riche d’enseignements. A ces premières lectures, n’hésitez pas à réagir !
Il faut relancer la filière du neuf !
Il est difficile d’anticiper quelle sera l’évolution du marché du neuf car la mise à disposition du Scellier a bouleversé la donne. Nous ne savons pas quelles conditions seront appliquées à l’accession à la propriété sur le moyen terme, quand le Scellier sera terminé. 2010 devrait donc être une année décisive pour réorienter notamment la primo-accession qui devrait représenter 50% du marché.
L’autre aspect déterminant est que la construction neuve est de 20% inférieure aux besoins, ce qui entraîne un problème de stock ; la crise a ralenti les mises en chantier et il n’est pas facile de relancer une filière sans pâtir d’un décalage par rapport au marché.
Les promoteurs ont besoin des politiques
L’autre difficulté à laquelle nous sommes confrontés pour développer notre activité est récurrente : nous manquons de matière première, c'est-à-dire de terrains à bâtir, rendus rares et souvent chers par les élus locaux. Pourtant cet espace existe, mais la volonté fait défaut et les promoteurs sont confrontés au blocage de l’Etat et des communes au niveau local. Nous attendons beaucoup du Grenelle 2 et espérons de véritables incitations au développement de nouveaux programmes pour répondre à la densification de certaines régions et satisfaire les besoins croissants en matière de logement... Une réelle avancée qui pourrait passer par l’augmentation des Cos.
Il est important de réfléchir en aménageurs ; le développement de nouveaux espaces via la création d’une dizaine d’éco-cités, ainsi que le suggérait Jacques Attali est une voie à explorer. Aujourd’hui, nous avons davantage d’intérêts communs que de divergences et il est important que nous nous engagions dans la voie de la complémentarité.
PDG du groupe Roxim, président de la Fédération des promoteurs-constructeurs de France
Plus que jamais, l’immobilier est une valeur refuge pour les particuliers
Après le gel brutal du marché à l’automne 2008, à la suite de la crise financière et du retrait des banques, l’année 2009 présente un bilan en demi-teinte, beaucoup plus favorable que certains ne l’avaient redouté. Les pouvoirs publics ont su prendre sans délai les mesures nécessaires au soutien de l’activité. Les promoteurs ont anticipé la crise en réduisant drastiquement les mises en chantier et en acceptant les efforts commerciaux susceptibles d’accélérer la vente des stocks.
Se sont ajouté la baisse des taux d’intérêts et la détente des prix qui ont contribué à la solvabilité des acquéreurs, et l’effet des investissements différés du 4e trimestre 2008. Dans le neuf, le rebond des ventes a été constaté dès le premier trimestre, porté par le succès du dispositif Scellier pour favoriser l’investissement immobilier et, dans une moindre mesure, par le doublement du prêt à taux zéro pour accompagner l’accession à la propriété.
Au total 106 000 logements collectifs neufs ont été vendus en 2009 contre 80 000 en 2008. Le dispositif Scellier en représente les deux tiers (65 000). Le doublement du prêt à taux zéro a permis de financer 35 000 logements. 134 000 maisons individuelles ont été mises en chantier. C’est 18% de moins qu’en 2008, mais cela reste un score tout à fait honorable, après le trou d’air de l’automne 2008.
Vers un risque de surchauffe sur certains marchés ?
Après un premier semestre atone, le marché de l’ancien a retrouvé sa vigueur a l’été 2009 et a finalement enregistré 513 000 transactions, contre 597 000 l’année précédente. Les prix ne se sont pas effondrés : ils ont fléchi d’à peine 2,1% dans le neuf et de moins de 5% dans l’ancien, après huit années de progression continue.
Cette dynamique retrouvée s’est poursuivie au premier trimestre 2010. Le « risque de surchauffe » est même évoqué pour le marché de l’Ile de France qui, selon les notaires, a enregistré 41 000 transactions au premier semestre (+80% par rapport à la même période de l’an dernier) avec des prix de nouveau orientés à la hausse. Cette tendance se poursuivra t’elle en 2010/ 2011 ? Rien n’est moins sûr. Les facteurs positifs, qui ont soutenu le marché en 2009, n’auront plus la même contribution.
L’effet report des investissements différés fin 2008 ne se reproduira pas
Les taux d’intérêts des prêts immobiliers, inférieurs à 4%, restent très favorables. Mais ils ont cessé de baisser. Le déséquilibre des finances publiques laisse craindre une hausse progressive des taux à long terme. Les critères d’octroi des crédits se sont stabilisés en 2009. Ils pourraient de nouveau se resserrer en cas de difficultés des banques liées à la crise d’endettement des états.
Les prix ne baisseront plus de façon significative. Ils peuvent même se tendre de nouveau dans le neuf face à la pénurie de l’offre dans les mois qui viennent, compte tenu des difficultés à acquérir du foncier et de la durée du cycle de production des logements.
La politique de relance fait place à la rigueur : les mesures de soutien des politiques publiques seront moins importantes. Le doublement du prêt à taux zéro ne sera pas reconduit au-delà du premier semestre, le dispositif Scellier est désormais moins favorable et la remise à plat des aides à l’accession, annoncée par le secrétaire d’état au logement, risque fort de se traduire par de nouvelles économies budgétaires.
En 2009, la reprise a été portée par l’investissement locatif. L’accession dans le neuf s’inscrit à son plus bas niveau depuis 15 ans. Le marché ne sera durablement consolidé que si les accédants prennent le relai des investisseurs.
Or, les craintes liées à la perte du pouvoir d’achat, la montée du chômage, un contexte de rigueur et de difficultés économiques portent atteinte au moral des ménages, alors même que les intentions d’achat immobilier sont très liées à la confiance dans l’avenir. Le marché risque donc de marquer de nouveau une pause à partir du second semestre et restera dépendant de la situation de l’emploi et des mesures de rigueur des politiques publiques.
Au-delà de ces difficultés conjoncturelles, quelles sont les perspectives à moyen et long terme ?
N’oublions pas que le marché du logement est soutenu en France par des facteurs structurels : la démographie et une hausse du nombre des ménages toujours supérieure à la croissance de la population.
Le phénomène de « décohabitation », lié au vieillissement de la population et à l’éclatement des ménages contribue à l’augmentation des besoins. Au rythme actuel des constructions, on peut estimer le déficit de logements à 900 000 unités fin 2009.
Cette situation de pénurie est un facteur structurel de soutien des prix. Les Français disposent d’une épargne abondante. Ils restent fondamentalement attachés à l’accession à la propriété.
Les craintes sur le financement des retraites ne peuvent que les inciter à renforcer la place de l’immobilier dans leurs projets patrimoniaux. Plus que jamais l’immobilier apparait aujourd’hui comme une valeur refuge face aux fluctuations des bourses. S’endetter pour acquérir à crédit de l’immobilier, en privilégiant les marchés consistants, Ile-de-France, Rhône Alpes, Paca, les grandes métropoles et en évitant les zones trop spéculatives, apparait aujourd’hui comme un choix judicieux pour l’avenir.
Consultant - Taly
Les écarts entre les régions se sont creusés
Quand on achète un bien immobilier, c’est généralement pour deux raisons : se loger dans de bonnes conditions et épargner pour sa retraite. Aussi les considérations sur les évolutions des prix de l’immobilier à court ou moyen terme ne sont pas au cœur du processus de décision d’achat. Peu importe que les prix montent ou baissent, puisque de toute façon, on n’a pas l’intention de vendre ! Pour autant, il est bon de se faire une vision claire de l’évolution du marché immobilier avant d’acheter.
Une crise imprévisible
Pour avoir un avis fondé, il faut garder à l’esprit trois grandes idées : il n’y a pas de certitudes, la démographie joue un rôle fondamental et l’immobilier, c’est local ! En premier lieu, ceux qui envisagent d’acheter leur logement doivent comprendre qu’il y a une absence de certitude sur l’évolution des marchés immobiliers. Prévoir l’avenir n’est jamais un exercice facile, mais pour les marchés immobiliers aujourd’hui c’est quasiment impossible. Force est de constater que depuis dix ans, tous ceux qui se sont exprimés se sont trompés. Personne n’avait prévu la très forte hausse que nous avons connue de 1995 à 2007 ; personne n’avait prévu le trou noir de l’hiver 2008-2009 ; nul n’avait annoncé la récente remontée des prix en région parisienne. En 2010, les perspectives sont toujours floues car les indicateurs de marché sont contradictoires et le contexte économique incertain. Aussi, la prudence est de mise et il faut rester conscient qu’aujourd’hui tout investissement, même immobilier, comporte une part de risque.
Quant à la baisse, les économistes avancent plusieurs facteurs qui poussent les prix de l’immobilier vers le bas pour les années à venir. Les taux des crédits immobiliers sont proches des plus bas historiques, donc, ils ne baisseront plus, et il y a un consensus pour les voir remonter durablement pour les années à venir. Les perspectives économiques ne sont pas bonnes : le retour de la croissance et la baisse du chômage restent des promesses. Mais surtout le déficit et l’endettement de l’État annoncent la hausse des impôts et la fin des politiques de relance économique. Acheter va devenir de plus en plus difficile pour les français et, face à cette demande en berne, les prix vont baisser…
…Ou plutôt devraient baisser !
Or la démographie est le moteur de la demande de logements. En France, la croissance du nombre d’habitants, et plus encore du nombre de ménages, a été et est encore forte. Elle est même plus forte que les prévisions passées de l’Insee. Face à cette demande, l’offre croît faiblement car la production de nouveaux logements est insuffisante. Certains estiment à un million le déficit de logements et tous s’accordent pour dire que cet écart va aller croissant. Le manque de logements n’est pas réparti de façon uniforme sur tout le territoire. Certaines régions connaissent une baisse structurelle du nombre d’habitants et, en conséquence, l’offre de logements est abondante. D’autres cumulent une offre foncière limitée et une croissance démographique dopée par l’arrivée de nouveaux habitants venant d’autres régions.
On a alors, sur le long terme, un marché immobilier à deux vitesses. D’un côté, des territoires où l’offre va rester abondante et les prix bas, il s’agit des zones rurales, des petites villes et des zones périphériques (grandes banlieues) mal desservies. De l’autre, les grandes villes et les zones côtières où l’offre restera durablement inférieure à la demande.
Enfin, il faut ajouter que les français admettent aujourd’hui que le logement est cher et qu’ils doivent y consacrer plus que le traditionnel 30 % de leur revenu.
Avec ces perspectives, il faut être conscient que les prix de l’immobilier ne retrouveront pas les taux de croissance forts et continus que l’on a connus depuis quinze ans. En revanche, la probabilité d’une baisse très importante – certains experts ont avancé 40% – est faible et ne devrait concerner que quelques territoires. À chacun de se faire une opinion entre ces deux bornes, pour la localisation où il souhaite acheter.
Consultant
Vers des volumes de transactions records
Tout d’abord, revenons sur l’année 2009. Cette dernière n’a pas été une surprise : dans le contexte d’une crise exceptionnelle, on s’attendait bien à ce que le marché de l’ancien subisse un choc d’une telle ampleur, avec un recul des ventes de logements sans précédent. Et avec l’augmentation du nombre de chômeurs dans l’Hexagone, on savait que le marché de la primo-accession allait être sévèrement touché. La surprise est en fait venue du marché de la revente qui a fléchi plus que prévu. Les secundo-accédants ont continué à se retirer du marché en 2009 alors même que les conditions de crédit s’amélioraient de façon sensible.
La reprise a en effet été retardée par des effets d’annonce mal ressentis par les particuliers qui manquent de véritables repères sur les évolutions des prix et les tendances des marchés : il existe un réel décalage entre l’indice des prix Insee-notaires et la réalité du marché (sans même parler des interrogations que la méthode choisie par cet indice soulève), si bien qu’il a fallu attendre la fin de l’année 2009 pour que la fin de la baisse des prix soit annoncée par cet indice ! Alors qu’elle s’observait déjà depuis plus le printemps.
La crise n'a pas autant atteint les prix qu'escompté
Pourtant, dans les années 1990, le besoin de connaître les prix de l’immobilier s’était fait sentir partout en France. Les professionnels du secteur avaient apporté une réponse assez pragmatique et avaient mis en place des observatoires dont l’objectif était de suivre l’évolution des prix du marché quasiment en temps réel. Certes, leur méthode n’était pas toujours parfaite et elle pouvait être améliorée : cependant, et pour la plupart, ils avaient bien perçu le retournement du marché dès le printemps. Donc là, le problème est venu d’ailleurs : d’un autre baromètre, inerte par construction, qui venait contredire (à tort) les professionnels.
C’est là un des formidables enseignements que l’on a pu tirer de cette crise : et la reprise a davantage traîné que si les indicateurs de prix étaient des indicateurs réels du marché. Nous avons vécu in vivo une situation exceptionnelle de crise et nous avons pu constater les conséquences du retard de six mois que les indices officiels ont par rapport au marché ! Cette inexactitude et ce décalage ont faussé la donne et ont certainement participé au gel du marché.
Pour finir sur ce point, souvenons nous que déclenchement de la crise s’est vu très vite, dès le printemps 2008. Mais contrairement à ce que certains avaient pu prédire, les prix ont relativement peu baissé : on attend toujours les 20 voire les 40 % de baisse des prix annoncés ! Une telle surenchère dans les annonces, trop souvent mal (voire pas) fondée, a autant perturbé le marché que l’inertie et l’inadéquation des indices officiels.
Les conditions de crédit d'aujourd'hui ne perdureront pas
Quant à anticiper sur le futur, chacun cherche des signaux de ce qui pourrait ne plus fonctionner à moyenne échéance. On peut être sûr que les conditions de crédit telles qu’elles existent aujourd’hui ne perdureront pas : pour autant la remontée des taux qui interviendra à partir de la fin 2010 ou du printemps 2011 sera modérée dans un premier temps. D’ici l’été, les crédits devraient être à 3,5 % en moyenne, retrouvant ainsi leurs niveaux de 2006-2007, puis ils remonteront à 4,5 % au maximum d’ici fin 2011.
Mais le problème n’est pas là : seuls le rétablissement de la croissance et la reprise du marché de l’emploi viendront compenser cette remontée des taux et donner de la vigueur à la reprise du marché de l’ancien.
En outre, n’oublions pas que si le marché de la revente s’est bloqué, c’est que dans un contexte de crise et d’incertitudes les secundo-accédants ont différé leurs projets immobiliers : et fin 2007, ils représentaient plus de la moitié du marché de l’ancien.
Vers un rapide redémarrage ?
Aussi le redémarrage peut être très rapide, lorsque la revente se ressaisira. C’est la raison qui incite à souligner que tout ce qui vient déformer l’information et la connaissance du marché constituent un frein à son expansion. Il n’est donc pas exclu qu’en deux ou trois ans, on retrouve les niveaux de 2007, voire les dépasse.
Enfin, rappelons que le fort développement du marché immobilier résidentiel que l’on observe depuis les années 80 n’a pas été que partiellement porté par les aides publiques (à l’exception de l’extension du PTZ à l’ancien sans travaux début 2005) : mais il a pleinement bénéficié de l’amélioration des conditions de crédit et de l’extra ordinaire dynamisme de l’offre bancaire. Ce qui s’est traduit par une production de crédits de la part des établissements bancaires qui a tripé entre les années depuis la fin des années 70. Peu de secteurs on connu une telle expansion.
A l’avenir, le marché devrait donc poursuivre l’expansion qui, finalement, n’aura été que mise entre parenthèses par la crise. La diffusion de la propriété immobilière, les modifications sociologiques de la cellule familiale, les besoins de mobilité professionnelle… constituent autant de facteurs qui contribueront à l’avenir au développement du nombre de transactions sur logements anciens, au-delà du record constaté en 2007 !
Professeur à l'université Paris X Nanterre
Les banques reviennent aux fondamentaux
En termes de taux de crédit, nous sommes actuellement au plus bas du marché et la baisse importante des taux d’intérêt a largement profité du marché du refinancement qui est également au plus bas. Le volume de crédits immobiliers est estimé aux alentours de 105 Mds € en 2010 (contre 120 Mds€ en 2009), et il faudra probablement attendre 2011, voire plus, pour retrouver les volumes d’avant la crise de 140 Mds€, lorsque le marché de l’achat et de la revente aura repris. L’année 2009 a été celle des primo-accédants, le marché de l’achat-revente n’a été animé que par les particuliers qui ne pouvaient différer leur projet.
Nous sommes en période de régulation
On observe une concurrence accrue entre les banques et un retour aux fondamentaux : dans des moments d’euphorie, certaines avaient pu prêter à des clients peu solvables et aujourd’hui, on observe juste un retour à la normale. Il est établi que les taux ne baisseront pas davantage et devraient ré-augmenter d’ici la fin de l’année. Il était possible d’anticiper cette baisse des taux car en 2008, les taux longs (sur 20 ans) étaient inférieurs aux taux sur 3 mois ! Or plus une période d’emprunt est longue, plus l’exposition aux risques est importante ; si les taux courts sont très élevés, il est possible de tabler sur une baisse. Aujourd’hui, nous ne traversons pas une période de crise, mais une période de régulation. Le marché de l’accession reste donc prometteur, et les risques de traverser une nouvelle crise d’ici cinq ans sont faibles. Les évolutions du marché viendront des politiques engagées en faveur du développement durable dans l’immobilier qui rendra à très court terme (comparé au cycle de la vie d’un immeuble) les bâtiments ante Grenelle obsolète et dévalorisés face aux bâtiments plus récents, et donc, plus performants.
Responsable département Offre aux particuliers du Crédit foncier
A Paris, le marché est reparti !
Dans la mouvance du 2e semestre 2008, le 1er trimestre 2009 a accusé une chute du volume de transactions de -42%. Cette paralysie du marché n’a toutefois pas perduré : nous avions prévu que, qu’à la faveur d’une lente reprise du marché, et du phénomène de rattrapage, l’année 2009 enregistrerait une baisse d’environ -20% du nombre de logements vendus. Un résultat largement atténué.
L’année 2010 sera active tant que les taux d’emprunt seront bas. A Paris et dans les communes limitrophes, ce début d’année est marqué par une effervescence, du coté des acquéreurs. Les déçus de la bourse se rabattent sur la pierre et tous ceux qui avaient retardé leur projet immobilier affluent. La concurrence est si marquée qu’ils sont parfois une dizaine autour d’un même bien ! Force est de constater que les prix à Paris et en proche banlieue reprennent leur ascension.
Si l’on se projette à plus long terme, même si les taux de crédit remontent, ils resteront abordables, tandis que les besoins en matière de logement croissent chaque année. Le neuf devrait venir en renfort, or « seule » la construction de 250 000 logements est prévue ; et les besoins sont estimés à environ 500 000… Pas étonnant donc que de réelles tensions se créent sur l’ancien. La situation ne semble pas près de s’améliorer. L’offre insuffisante engendre une augmentation des prix et si rien ne vient enrayer ce mécanisme, le marché perdra en fluidité, ce qui risque fortement d’aboutir à un blocage à moyen terme.
Notaire à Paris
Les acheteurs étrangers reviennent
L’immobilier est aujourd’hui une valeur refuge pour les familles par rapport aux placements traditionnels. Le marché a repris son dynamisme, motivé par une question que les particuliers se posent : où placer mon argent ?
Les taux d’intérêt sont bas, les particuliers ont compris que la crise n’a pas fait chuter les prix de l’immobilier comme ils pouvaient le penser; les prix des appartements et maisons surestimés se sont réajustés… mais il y a deux fois moins de produits à vendre qu’en temps normal ! Il n’y a jamais eu aussi peu de biens à vendre sur Paris et pour la 1re fois j’ai été confronté à la surenchère d’acquéreurs sur des biens de qualité à Paris… Les biens de prestige ont marqué le coup d’arrêt des gros budgets français ; ce qui n’a duré qu’un temps puisque la demande est repartie de plus belle avec une nouveauté : ces acquéreurs qui payaient comptant font désormais, compte tenu du faible coût de l’argent, appel au crédit. Quant aux acheteurs étrangers, ceux que l’on voit revenir ne sont pas ceux d’avant la crise. Les russes très fortunés ont cédé leur place à une middle class haut de gamme plus nombreuse qui s’intéresse davantage à Paris qu’à la Côte d’Azur.
Paris manque d'offre
Si les stocks d’appartement à vendre restent aussi bas sur Paris, les prix devraient reprendre leur croissance pour augmenter de 5 à 8 % d’ici 12 à 18 mois en raison d’une pénurie de l’offre. Les stocks actuels sont d’environ deux à trois mois. Un pronostic qui pourrait être freiné immédiatement si les taux remontent brutalement. Aujourd’hui, il existe donc un réel intérêt à acheter car les particuliers ont toujours eu un intérêt marqué pour la pierre. La situation devrait toutefois se tasser dès que les produits de report (tels que la Bourse, et les contrats d’assurance), seront stabilisés.
Directeur général délégué–transaction ancien BNP Paribas Immobilier
Le problème du mandat exclusif gène les évolutions techniques
Les méthodes de vente de biens immobiliers ont subi de profondes transformations, avec le mouvement de mobilité qui contraint les professionnels à évoluer vers de nouveaux services et media. Les professionnels du secteur doivent se démarquer et proposent de plus en plus de services aux particuliers, notamment sur Internet.
En France, une annonce immobilière, qu’elle soit sur Internet ou sur papier se présente toujours sous la forme d’un texte illustré d’une ou deux photos, ce qui est complètement rétrograde ! Si l’on compare avec les Etats-Unis, les annonces sont illustrées d’une quinzaine de photos, la géolocalisation permet de mieux situer le bien et les informations annexes sur l’environnement immédiat telles que les services de proximité, les écoles (parfois même notées par les parents d’élèves) fourmillent.
Faciliter la vie des clients
Pour l’instant, le problème du mandat exclusif freine cette évolution : l’agent immobilier, bien que séduit par ces mini-révolutions est encore réticent. Il se peut malgré tout que d’ici deux ans, nous percevions des changements dans ce domaine ; à Lyon, une startup locale Weezim a ouvert la voie et prouve qu’il est possible de retrouver un bien en vente en recoupant les infos trouvées dans les différentes agences, sur les sites entre particuliers, etc.
Les autres tendances qui se dégagent concernent les services qui doivent se multiplier pour faciliter la vie des clients et toujours mieux les accompagner (mobile, 3D, temps réel, tactile, réalitée augmentée…).
Fondateur de Moobz
L'immobilier résidentiel tient bon
Suite à la crise bancaire fin 2008, le marché immobilier a tremblé, certes, mais n'a pas cédé. La légère baisse des prix a immédiatement été compensée par une diminution du nombre de biens mis en vente sur le marché, stabilisant cette tendance baissière.
En définitive, très peu de vendeurs ont “bradé” leur appartement car les crédits relais tant décriés sont, en France, très bien encadrés.
Après cette période d'incertitude, la nécessité de se loger a repris le dessus et à l'heure actuelle les taux bancaires ont atteint un niveau historiquement bas de 3,70% sur 25 ans (selon notre partenaire Artémis courtage) soit une durée plus longue et un coût moindre qu'en 2006. Cette situation permet au marché de se maintenir et d'évoluer selon les secteurs.
Le marché parisien est actuellement très actif et les prix au mètre carré ont, pour les quartiers les plus recherchés, largement dépassé ceux de l'avant crise. Il y a aujourd'hui un nombre d'acquéreurs importants ce qui favorise cette augmentation.
Un marché qui s'accélère
Le cercle vertueux n'est pas encore en place. En effet, nombreux sont les propriétaires qui souhaitent trouver leur nouveau logement avant de vendre le précédent et ce, sans faire appel à un prêt-relais. C’est tout à fait possible mais cela a pour conséquence de réduire la durée des transactions et d'accélérer un marché déjà très rapide. Sur un marché tendu, tel que celui de l’ancien à Paris, la rapidité ne joue que rarement en faveur de l'acquéreur, et la négociation devient alors symbolique.
Les acquéreurs sont plus mobiles qu'avant, contraints d’élargir leur périmètre de recherche, faute de biens disponibles à proximité. Les prix au mètre carré dans les différents arrondissements parisiens se nivèlent, ainsi que la qualité de l'habitat (standing et entretien des copropriétés). Certains quartiers, longtemps mis de côté, bénéficient de cet angouement et de cette pénurie : la capitale évolue, se rénove mais ne s'agrandit (pour le moment) pas.
Fondateur du site Gererseul.com
Sommes-nous en sortie de crise ?
Il est difficile de voir venir les crises, mais avec l’expérience, certains signes avant-coureurs peuvent livrer quelques indices. Par exemple, si le différentiel entre l’augmentation des prix et l’inflation est important, et qu’il devient difficile d’acheter un appartement en centre-ville, il faut y voir un signal d’alerte.
Quant à savoir si le marché subira un nouveau trou d’air ou d’ici cinq ans, il reste à voir si nous sommes réellement en sortie de crise aujourd’hui. Si tel est le cas, le marché devrait redémarrer. Dans le cas contraire, cela risque de recommencer dans les cinq ans à venir. L’année 2010 sera difficile, car en dehors de Paris et de sa proche banlieue, les baisses sur les prix au mètre carré ont été importantes et beaucoup de marchés ont été affectés, notamment celui des résidences secondaires qui a davantage souffert.
Administrateur de biens à Paris






