Le logement fait partie des enjeux politiques majeurs français et sera un des thèmes de campagne des élections présidentielles. Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement livre en exclusivité sa vision du logement dans un contexte changeant et résolument tourné vers le développement durable.
Entreparticuliers.com : Quelle est votre conception du logement idéal ?
Benoist Apparu : Pour moi, le logement idéal est un logement économe en énergie qui s’inscrit dans une logique durable, respectueux de l’environnement et répondant aux nouveaux défis de demain en termes de confort, d’équipement et d’énergie. Le logement idéal est un logement que l’on s’approprie autant que son environnement immédiat, car lorsque l’on habite un logement on habite aussi un quartier, une ville. Le logement et l’urbanisme, trop longtemps dissociés se complètent : il ne suffit pas d’agir à l’échelle de chaque bâtiment ; il faut aussi intervenir dans tous les secteurs d’activité, et à toutes les échelles de la ville : prendre en compte les loisirs, les transports, les commerces ou encore l’emploi. Pour autant, je ne pense pas qu’il y ait une définition unique du logement idéal, car chacun en a sa propre vision : le logement est le lieu qui a le plus d’importance dans nos vies quotidiennes, c’est avant tout un lieu dans lequel on s’épanouie.
EPC : Le comportement des français a-t-il évolué vis-à-vis de leur logement ?
BA : Il y a en France un fort désir d’accession à la propriété. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons réformé les outils d’accession à la propriété avec, depuis le 1er janvier 2011, la mise en place du PTZ+. Parallèlement, se fait également ressentir un besoin de sécurité, qui est tout à fait compréhensible après la crise que l’ensemble des pays a connu. Dans ce contexte, la pierre permet aux français de se constituer un capital, car être propriétaire, c’est préparer sa retraite, c’est construire un patrimoine que l’on léguera à ses enfants et c’est également une forme de sécurité.
EPC : En matière de qualité de l’habitat, observez-vous un réel clivage entre l’Ile-de-France et la province ?
BA : A vrai dire il s’agirait plus d’une différence entre les grandes agglomérations et les zones rurales. Le parc de logement en milieu rural est un parc majoritairement ancien, alors que dans les grandes villes le taux de construction neuve, répondant aux critères BBC, est beaucoup plus élevé. Le clivage en termes d’habitat durable vient du fait que dans le neuf nous agissons directement sur la construction alors que dans l’ancien, il s’agit de réhabiliter et rénover. De nombreuses mesures ont été mises en place pour améliorer la qualité du parc ancien : il y a le programme Habiter Mieux, qui a pour objectif d’aider 300 000 ménages en finançant leurs travaux de rénovation thermique pour un gain énergétique d’au moins 25%. Des outils incitatifs existent également, l’Eco-PTZ ou encore le PTZ+, plus avantageux pour l’achat d’un logement performant et qui incite donc les propriétaires qui veulent vendre à faires des travaux.
EPC : Quels enseignements tirez-vous du sondage TNS Sofres des Etats généraux du logement ? Quelles réponses apportez-vous aux français ?
BA : Le constat est simple : il existe dans notre pays non pas une crise du logement mais des crises du logement. Pour répondre à la forte demande, il ne suffit pas de construire beaucoup, mais il nous faut construire là où sont les besoins, c'est-à-dire dans les zones dites « tendues », en fort manque de logements, et notamment l’Ile-de-France. Cela va dans le sens de la politique mené par le Gouvernement puisque l’année 2010 a été une année record en termes de financement de logement sociaux avec 131 509 logements financés contre 40 000 en 2000 ! Surtout, au-delà d’être plus importante, l’offre a été ajustée puisque plus de 33 % de la production a été financée en « zone A », très «tendue». La question du logement est une des priorités du Gouvernement, et pour preuve, l'effort public en faveur du logement a atteint 37,4 milliards d'euros en 2009 dont les deux tiers à la charge de l'Etat, soit 1,96% du PIB, un niveau record depuis 1986 !
EPC : Quels conseils adressez-vous aux particuliers qui souhaitent acheter leur logement ?
BA : Je dirais qu’il est important et indispensable de bien se renseigner en amont. Le réseau des agences départementales pour l’information sur le logement (ADIL) est là pour apporter gratuitement tous les conseils utiles aux accédants. Devenir propriétaire, c’est bâtir tout un projet de vie, et pour cela, le soutien des experts est très utile. Organiser sa recherche, connaître les pièges et les astuces du marché, comprendre son offre de prêt, négocier son assurance, autant d’obstacles à franchir pour mettre toutes les chances de son côté.
Et s’il s’agit de primo-accédants, je ne peux bien sûr que leur conseiller de demander à leur banquier le bénéfice du PTZ+ !