« Organiser le territoire pour encourager l’innovation, la création, la recherche qui sont les vecteurs de la croissance et de l’emploi dans l’économie moderne. Faire de la ville un espace de solidarité, de convivialité, d’échange ; le lieu du « vivre ensemble ». Réconcilier ville et environnement en prenant toujours le parti des énergies et des matériaux les plus propres et en installant la nature au cœur de l’espace urbain ». Le Grand Paris, projet « qui concerne tout le monde et qui appartient à tout le monde », doit relever ce triple défi.
Le Président Sarkozy ne cache pas son ambition et veut écrire une nouvelle page de l’histoire de Paris et forger l’économie du futur : « Le programme de recherche du Grand Paris a pour ambition de créer la métropole du XXIe siècle, celle de l'après-Kyoto. S’appuyant sur la nécessité de réduire l'empreinte écologique de l'agglomération, les propositions concernant les rapports entre la ville et l'environnement comptent parmi les plus spectaculaires. Certains des projets architecturaux évoquent d'emblée leur objectif : faire perdre, à moyen terme, deux degrés au centre de Paris », avait-il déclaré en avril 2009.
L’Ile-de-France : une vitrine mondiale
Le projet initial prévoit la création de 8 pôles d’activité : Roissy-Villepinte-Tremblay, autour d’une plateforme aéroportuaire et misant sur le trafic passager et fret ainsi que sur la logistique de congrès et de salons, devenant une vitrine emblématique des échanges avec le monde comme des talents de la France. Paris-Saclay deviendra un pôle scientifique et technologique, véritable vitrine de la puissance de la région capitale dans ces domaines – l’autre objectif avoué étant de faire partie du top cinq des plateformes les plus performantes au monde.
La vallée des biotechnologies du sud de Paris jusqu’à Evry et Saclay capitalisera et développera la concentration de spécialistes des biotechnologies et de la recherche en sciences de la vie. Le Bourget deviendra une des entités urbaines majeures de la région capitale. Son tissu urbain sera profondément restructuré afin de faire de ce territoire un ensemble cohérent. La confluence de la Seine-Oise constituera la porte maritime de la région capitale.
La vallée de la Seine, lieu industriel et logistique, reliera le grand port maritime du Havre, 5e port européen à la région capitale, premier bassin de consommation européen. Le territoire de la création de l’Ile Saint-Denis à Aubervilliers, en passant par Saint-Denis et Saint-Ouen, rassemblera les industries de la création. Paris La Défense, doit se renforcer afin de devenir une place financière et une place d’affaires de niveau mondial.
Autour de la cité Descartes, à l’Est de Paris, un « cluster », ou pôle d’excellence de la construction et du développement de la « ville durable » regroupant les domaines des nouvelles technologies environnementales, des nouveaux matériaux, des nouveaux services urbains et des éco-industries émergera. Ce territoire sera le lieu de la conception des villes durables de demain, mais également sa propre vitrine et son premier champ d’application de terrain. Cet ensemble a d’ores et déjà été confié à l’atelier de l’architecte Yves Lion.
Le métro fait le grand huit
La cohérence du nouveau territoire tel qu’il se dessine passera aussi et surtout par la palliation de la déficience des transports en commun franciliens. Le maillage doit donc être renforcé. Un métro automatique de 130 kilomètres reliera donc, à 60 kilomètres/heure, les 8 pôles d’activité dans le but de « répondre aux urgences de désengorgement des transports en construisant un nouveau réseau de transport intégré au réseau existant ».
Le développement des gares, futures portes d’entrées du Grand Paris, évolueront pour assurer la fluidité du trafic – notamment la gare Saint-Lazare – tout en les transformant en lieux de vie, d’activité économique, culture, etc.
Le plan d’urgence RER et le projet Eole doivent apporter des solutions concrètes aux problèmes quotidiens et récurrents des usagers, en particulier sur les lignes du réseau RER. Le programme de rénovation du réseau sera accéléré et l’extension, à l’ouest de la ligne E (projet Eole) sera engagé.
Plus verte, la ville
Près de 20% de la population française est rassemblée sur l’Ile-de-France, soit… 2% du territoire. « Mais elle a comme atouts des espaces boisés sur près de 24% de sa superficie et des espaces agricoles sur 52% ». Or l’objectif « ville nature » prétend réconcilier zones urbaines et rurales : « l’extension de l’agglomération rogne les espaces naturels et agricoles qui se trouvent soumis à de fortes pressions » ; parmi lesquelles la pollution, la problématique de gestion des déchets, etc. Le Grand Paris prône « une alliance nouvelle entre la ville et la nature avec le développement des énergies renouvelables, des transports propres, du recyclage et d’une agriculture de proximité ». Dans les faits, la création de couloirs écologiques, ceinture verte autour de la 1re couronne, jardins suspendus, constructions sur pilotis dans les zones inondables, la requalification des berges des cours d’eau, la plantation d’une forêt de 2 500 hectares à Roissy visent à (ré-)oxygéner la région.